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Reprogrammation au Bloc opératoire : Enjeux et solutions pour la sécurité des patients

Découvrez les enjeux de la reprogrammation en bloc opératoire et les solutions pour sécuriser la prise en charge des patients.

La programmation au bloc opératoire ?

Une routine pour certains, pas de quoi s’arrêter sur le sujet !

Pour d’autres, de grosses difficultés… Un processus défini mais non respecté, une navigation en plein brouillard au quotidien, une réactivité exacerbée qui use tous les acteurs…

Alors rajoutez une pincée de reprogrammation dans ces organisations désorganisées. Et l’on en arrive à des préconisations de la Haute Autorité de Santé, publiées en janvier de cette année.

Quel est le contexte de cette publication sur la reprogrammation au bloc opératoire ?

La base de retour d’expérience du dispositif d’accréditation de l’HAS recueille les évènements indésirables associés aux soins (EIAS), survenus lors de la pratique médicale quotidienne. Les évènements tirés de ces évènements conduisent à l’élaboration de solutions pour la sécurité des patients.

L’objectif est d’améliorer les pratiques, diminuer la survenue de ces épisodes et d’en atténuer les conséquences.

Environ 10 % des interventions au bloc opératoire sont annulées pour diverses raisons, telles que l’état clinique du malade, l’indisponibilité de la salle d’opération, ou le manque de personnel ou d’équipement. Ces chirurgies sont alors reprogrammées à une date ultérieure.

Cependant, ces reprogrammations peuvent parfois mal se dérouler et entraîner des événements indésirables associés aux soins. Les conséquences peuvent être significatives, incluant des modifications du type d’intervention? Ou encore des reprogrammations en cascade, des complications, et des retards dans la prise en charge des patients.

Programmation au bloc opératoire

Pour rappel, la programmation correspond à un ensemble d’étapes et d’actions permettant l’organisation de la prise en charge de l’activité de bloc opératoire.

Ce process démarre au moment de la consultation de chirurgie. Il fait intervenir plusieurs acteurs : Chirurgien, secrétaire ou infirmière de consultation, anesthésiste.

La cellule de coordination/régulation valide le programme opératoire en général le mercredi ou jeudi de la semaine d’avant en bloquant l’accès à des rajouts « sauvages ». Et l’encadrement du secteur interventionnel doit valider toute chirurgie non-programmée.

Nos différentes missions dans les blocs opératoires font ressortir des problématiques consensuelles. Concernant le manque de respect des plannings de bloc et le rajout d’interventions non-programmées.

L’anticipation est difficile et la réactivité nécessaire pour arriver à tenir le programme, tel que validé à la cellule de régulation.

Eviter les annulations et reprogrammations des interventions est donc un enjeu organisationnel pour les équipes. Et un enjeu de qualité du service rendu à l’usager.

Quelles sont les principales raisons de la reprogrammation des interventions ?

Les reports d’intervention peuvent être liés à de nombreux facteurs.

Cependant, trois causes principales ont été identifiées par l’HAS lors de l’analyse des évènements indésirables liés aux soins.

La première cause est la non-disponibilité d’un dispositif médical, le plus souvent en raison d’une absence de commande (majorée lorsque le patient a déjà été reprogrammé une fois) ou d’un dépassement de la date de péremption.

La seconde raison est l’état du malade, qui s’est aggravé en préopératoire et nécessite un report de prise en charge.

Et la dernière raison est l’absence d’arrêt d’un traitement médicamenteux, nécessaire au bon déroulement de l’opération.

D’après les interlocuteurs, l’immense majorité de ces évènements indésirables était évitable ou probablement évitable.

Un autre facteur doit être pris en compte, directement lié au manque de ressources humaines. En effet, depuis la période COVID, une majorité d’établissements de santé indiquent ne pas pouvoir opérer dans les mêmes conditions qu’avant. Le manque de personnel qualifié, qu’il s’agisse d’infirmières de bloc opératoire, d’infirmières anesthésistes ou encore de médecin anesthésiste, est l’une des raisons de tension dans les organisations. L’absentéisme est plus complexe à gérer et l’optimisation des créneaux opératoires prend tout son sens.

Quelles pourraient être les solutions pour sécuriser le processus ?

Coordination du parcours patient

La coordination du parcours des opérés est un enjeu majeur pour l’ensemble des établissements de santé. Et nombreux sont ceux à l’avoir compris, qui mettent en place des infirmières de coordination des parcours.

On observe cette situation plus fréquemment dans les secteurs déployant la Réhabilitation Améliorée après Chirurgie (RAC).

Cette coordination, en lien direct avec le chirurgien et ses besoins, valide la planification de la chirurgie. Elle s’assure également de la bonne compréhension des patients, notamment sur la préparation préopératoire. En général, l’interaction avec le futur opéré se fait de manière séquencée, pour s’assurer du suivi des consignes.

Communication

Indépendamment de la mise en place d’une telle ressource, la communication doit être renforcée entre les différents professionnels.

La Haute Autorité de Santé propose la mise en œuvre d’une solution de sécurité pour les patients (SPP) intitulée « Coopération entre anesthésistes réanimateurs et chirurgiens ». Et rappelle que la communication entre anesthésistes et chirurgiens représente un enjeu majeur pour la sécurité des opérés.

Programmation des interventions

Bien évidemment, la priorité est la sécurisation du programme opératoire par des items dits « obligatoires » pour s’assurer de la disponibilité du matériel en fonction des besoins chirurgicaux.

En complément, il est indispensable de définir des règles communes de reprogrammation et d’utiliser une checklist spécifique, permettant de vérifier certains éléments particulièrement à risque (côté et type d’intervention, présence du matériel, …).

Troisièmement, la communication aux usagers nécessite la mise en place d’un outil permettant de suivre les patients reprogrammés et les informer sur leur parcours avant, pendant et après le bloc opératoire.

CERCLH vous accompagne dans vos projets de d’optimisation des blocs opératoires et des parcours patients.

Nous sommes convaincus que la solution passe par la réflexion pluridisciplinaire autour de la qualité du service rendu à l’opéré. Nous vous assistons dans la formalisation de vos pratiques, l’identification des points d’amélioration, la définition d’un plan d’action et la mise en place et le suivi d’indicateurs de fonctionnement.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre précédent article sur l’optimisation des blocs opératoires :

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