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HDJ en SMR : comment transformer l’obligation réglementaire en stratégie de croissance ?

La réforme des autorisations en soins médicaux et de réadaptation marque un tournant pour les établissements français. Parmi les évolutions majeures, une exigence s’impose désormais à toutes les structures disposant d’une autorisation d’hospitalisation complète : la mise en œuvre d’une activité d’hôpital de jour. Loin d’être une simple formalité administrative, cette obligation redessine en profondeur l’organisation des prises en charge et ouvre de nouvelles perspectives stratégiques.

Pour les directeurs d’établissements SMR, la question n’est plus de savoir s’il faut créer une activité d’hôpital de jour. Mais comment la concevoir pour qu’elle devienne un véritable moteur de croissance. Entre analyse des besoins territoriaux, construction de chemins cliniques innovants et pilotage médico-économique, les défis sont nombreux.

CERCLH, fort de l’accompagnement de nombreuses structures sur cette thématique, partage ici sa vision et son expertise pour réussir cette transformation.

Le nouveau cadre réglementaire : ce que change l’obligation HDJ

Les décrets de janvier 2022 ont profondément remanié les conditions d’autorisation des activités de soins médicaux et de réadaptation. Parmi les dispositions structurantes, l’obligation pour tout établissement autorisé en hospitalisation complète de proposer également une activité d’hôpital de jour s’inscrit dans une logique de parcours coordonné et de virage ambulatoire.

Cette exigence répond à plusieurs objectifs. Elle vise d’abord à fluidifier les transitions entre les différentes modalités de prise en charge. Puis à offrir aux patients des alternatives adaptées à leur état de santé et à leur projet de vie. Enfin à optimiser l’utilisation des ressources hospitalières. L’hôpital de jour devient ainsi le chaînon manquant entre l’hospitalisation traditionnelle et le retour à domicile, permettant des séjours mieux calibrés et une réadaptation progressive.

Pour les structures, cette transformation implique une réflexion approfondie sur leur projet médical. Quelles mentions privilégier ? Quels volumes d’activité viser ? Comment dimensionner les ressources nécessaires ?

Autant de questions qui nécessitent une approche méthodologique rigoureuse, ancrée dans la réalité du territoire de santé.

L’analyse territoriale : le point de départ indispensable

Avant de se lancer dans la création ou le renforcement d’une activité d’hôpital de jour SMR, l’analyse des besoins du bassin de population constitue un préalable incontournable. Cette étape permet :

  • d’objectiver les opportunités de développement,
  • d’identifier les segments de patientèle prioritaires et
  • d’anticiper les volumes de séances réalistes.

L’étude territoriale s’appuie sur plusieurs sources de données. Les données démographiques et épidémiologiques donnent une vision prospective des besoins en réadaptation, notamment face au vieillissement de la population et à l’augmentation des pathologies chroniques.

Les données d’activité des établissements MCO du territoire permettent d’identifier les filières amont et les volumes de patients potentiellement orientables vers la réadaptation. Enfin, l’analyse de l’offre concurrente aide à positionner l’établissement de soins médicaux et de réadaptation et à identifier des créneaux à investir.

Cette approche analytique permet de répondre à des questions stratégiques fondamentales. Sur quelles mentions spécialisées l’institution doit-elle concentrer ses efforts ? Polyvalent, gériatrique, affections de l’appareil locomoteur, affections du système nerveux, oncologie… Chaque choix a des implications en termes de ressources humaines, d’équipements techniques et de partenariats à nouer.

L’analyse territoriale permet également d’estimer le potentiel de croissance. Dans un contexte où les ressources sont comptées, il s’agit de dimensionner au plus juste les prestations d’hôpital de jour pour garantir sa viabilité économique tout en répondant aux besoins de santé identifiés.

CERCLH accompagne les structures dans cette phase de diagnostic, en croisant les données quantitatives avec l’expertise terrain des équipes médicales et soignantes.

Construire des parcours d’hôpital de jour performants

Une fois la stratégie définie, la construction des parcours constitue le cœur de la transformation. L’hôpital de jour SMR ne peut se résumer à une simple transposition des modalités de l’hospitalisation complète. Il nécessite une réflexion spécifique sur les chemins cliniques, les organisations et les coordinations à mettre en place.

Formaliser les chemins cliniques

La méthodologie de construction d’un chemin clinique en hôpital de jour repose sur plusieurs principes.

Le premier consiste à formaliser précisément les critères d’éligibilité des patients. Tous les profils ne se prêtent pas à cette modalité : l’autonomie du patient, la stabilité de son état de santé, la disponibilité de l’entourage et la distance géographique sont autant de facteurs à prendre en compte. Cette clarification évite les orientations inadaptées et sécurise le parcours des patients.

Le deuxième principe porte sur la définition du socle minimal de prise en charge. Quelle intensité de réadaptation ? Quelle fréquence de séances ? Quels métiers interviennent ? Quels actes marqueurs doivent être systématiquement réalisés ? La formalisation de ces standards garantit l’homogénéité des pratiques et facilite le codage PMSI-CSARR, élément déterminant pour la valorisation économique.

Le troisième principe concerne l’articulation entre les soins infirmiers et les activités de réadaptation. L’hôpital de jour impose une coordination fine des interventions pour maximiser le temps utile du patient sur le plateau technique. Les horaires d’arrivée, la gestion des traitements médicamenteux, les temps de pause : chaque détail compte pour offrir une prise en charge fluide et efficiente.

Mettre en place une organisation adaptée

Certaines organisations ont fait leurs preuves. Le regroupement de patients par filière facilite la mutualisation des séances collectives et l’optimisation des ressources. L’intégration de l’ergothérapie dès l’admission permet de travailler précocement sur les activités de vie quotidienne. La mise en œuvre de séances de préparation à la sortie, impliquant le patient et son entourage, améliore la qualité de la transition vers le domicile.

L’hôpital de jour ouvre également des perspectives d’innovation. Les nouvelles technologies, comme la réalité virtuelle ou les dispositifs connectés, trouvent plus facilement leur place dans ce cadre. Les approches collectives, qu’il s’agisse d’éducation thérapeutique ou d’activités physiques adaptées, prennent tout leur sens. Les partenariats avec les structures de ville, kinésithérapeutes libéraux ou services d’aide à domicile, se renforcent naturellement.

Piloter l’équilibre médico-économique de l’activité

L’hôpital de jour, s’il représente une obligation réglementaire, doit également contribuer à la performance globale de l’établissement. Cette ambition suppose de maîtriser plusieurs leviers économiques et organisationnels.

Valoriser l’activité grâce au modèle DMA

Le modèle de financement en SMR, avec sa dotation modulée à l’activité, repose sur deux composantes. La part forfaitaire alloue des ressources en fonction des besoins de santé du territoire. La part activité rémunère les séjours réalisés, sur la base de scores de réadaptation-rééducation.

Pour l’hôpital de jour, la valorisation dépend directement de la pertinence des parcours et de la qualité du codage PMSI-CSARR. Les séjours doivent atteindre des scores RR suffisants pour générer une recette en adéquation avec les coûts de prise en charge. La formalisation des chemins cliniques joue ici un rôle déterminant : elle garantit que chaque trajectoire de soins intègre les actes marqueurs nécessaires à une valorisation optimale.

Certaines institutions ont développé des compétences internes fortes en codage, avec des binômes médecin-technicien d’information médicale qui analysent systématiquement les dossiers. D’autres s’appuient sur des prestataires externes pour sécuriser cette dimension. Dans tous les cas, la montée en compétence des équipes de rééducation sur les enjeux de codage constitue un investissement rentable.

Dimensionner les ressources humaines

L’hôpital de jour implique un redimensionnement des équipes pluridisciplinaires de rééducation. Les kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens doivent être en nombre suffisant pour absorber les volumes d’activité visés. Mais il ne s’agit pas seulement de recruter : il faut également réorganiser les temps de travail, intégrer de nouvelles compétences comme les enseignants en activité physique adaptée, et former les professionnels aux spécificités de cette modalité.

La question des horaires mérite une attention particulière. Quelques centres ont étendu les amplitudes d’ouverture de leurs plateaux techniques pour accueillir les patients en ambulatoire sur des créneaux dédiés. D’autres ont privilégié des organisations mixtes, où les professionnels alternent entre patients hospitalisés et patients en hôpital de jour. Chaque choix a des implications en termes de qualité de vie au travail, d’attractivité des postes et de coûts salariaux.

Les équipes soignantes nécessitent également des ajustements. Infirmiers et aides-soignants interviennent différemment en HDJ : accueil des patients, gestion des traitements, coordination avec les rééducateurs, préparation des sorties. Ces missions demandent des compétences spécifiques en organisation et en relation avec les patients et leurs proches.

Adapter les espaces et les équipements

Les plateaux techniques doivent évoluer pour accueillir la prise en soins ambulatoires dans des conditions optimales. Certains espaces, peu utilisés en hospitalisation complète, deviennent centraux : salles d’activités collectives pouvant accueillir 8 à 12 patients simultanément, espaces de détente où les patients peuvent se restaurer et se reposer entre deux séances, zones de préparation à la sortie équipées pour simuler les activités de vie quotidienne.

L’investissement immobilier peut être conséquent, surtout lorsque les locaux existants ne s’y prêtent pas. Certains établissements ont réalisé des extensions, d’autres ont réaménagé des espaces sous-utilisés. La consultation des équipes en amont permet d’identifier les besoins réels et d’éviter des aménagements inadaptés.

Les équipements techniques représentent un autre poste d’investissement. Les centres qui ont fait le choix de l’innovation – réalité virtuelle, plateformes de rééducation connectées, outils de biofeedback – constatent généralement un double bénéfice : amélioration de la qualité de prise en charge et différenciation de l’offre auprès des prescripteurs. L’acquisition de ces dispositifs suppose toutefois de former les professionnels et d’organiser la maintenance.

Sécuriser les sources de financement

Au-delà des recettes d’activité, plusieurs sources de financement peuvent soutenir le développement de l’HDJ. Les appels à projets régionaux, portés par les ARS, financent régulièrement des initiatives innovantes en matière d’organisations, de chemins cliniques ou d’outils numériques. Les fonds d’intervention régionaux (FIR) constituent une autre opportunité pour des projets d’amélioration de la qualité ou de coordination avec la ville.

Quelques structures ont également noué des partenariats avec des associations de patients, des fondations ou des industriels. Ces collaborations peuvent apporter des moyens complémentaires pour acquérir des équipements spécifiques, développer des actions d’éducation thérapeutique ou financer des postes innovants.

La diversification des sources de financement sécurise l’équilibre économique du projet HDJ et permet d’investir dans des dimensions qui ne sont pas directement rémunérées par la tarification à l’activité : communication vers les prescripteurs, formation des équipes, recherche et innovation.

Organiser les flux et professionnaliser la gestion

La réussite de l’hôpital de jour repose largement sur la capacité de l’établissement à générer et organiser les flux de patients. Contrairement à l’hospitalisation complète, où les admissions sont relativement prévisibles, l’hôpital de jour exige une gestion dynamique de la programmation et une relation renforcée avec les prescripteurs.

La programmation des séances constitue le socle opérationnel.

Elle suppose le déploiement d’outils de planification performants, capables d’intégrer les contraintes des patients, des professionnels et des équipements. Des institutions ont développé des agendas patients numériques, permettant une visibilité en temps réel sur les places disponibles et facilitant la coordination entre les services. Cette professionnalisation de la gestion des plannings libère du temps soignant et réduit les risques d’erreur.

La relation avec les prescripteurs représente un levier stratégique.

Les médecins de MCO, les médecins traitants, les spécialistes libéraux doivent bien comprendre les critères d’éligibilité et les modalités de prise en charge en hôpital de jour. Des actions de communication ciblées, des réunions de filière, des outils d’aide à l’orientation contribuent à renforcer les liens et à fluidifier les admissions. Certains établissements ont nommé des binômes médecin-cadre dédiés à l’animation des filières, avec des résultats probants sur les volumes d’activité.

La charte de fonctionnement de l’hôpital de jour formalise les règles du jeu.

Horaires d’ouverture, modalités de transport, critères d’admission, organisation de la journée type : cette charte, partagée avec les patients et les partenaires, sécurise le parcours de soins et évite les incompréhensions. Elle peut être complétée par un livret d’accueil spécifique, détaillant les droits et devoirs de chacun.

Enfin, l’articulation avec l’hospitalisation à domicile mérite une attention particulière.

Pour certains patients, l’HAD de réadaptation représente une alternative ou un relais à l’hôpital de jour. La complémentarité entre ces deux modalités, lorsqu’elle est bien pensée, offre une palette de réponses graduées et personnalisées. Les établissements qui ont développé ces deux prestations en parallèle témoignent d’une meilleure fluidité des parcours et d’une satisfaction accrue des usagers.

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Les facteurs clés de succès d’un projet HDJ en SMR

La transformation réussie vers l’hôpital de jour repose sur plusieurs facteurs déterminants, identifiés à travers l’expérience de nombreuses structures ayant mené cette transition.

1. Une gouvernance de projet structurée

Le pilotage d’un projet HDJ nécessite une instance de décision claire, associant direction générale, équipe médicale, direction des soins et encadrement. Les établissements qui ont réussi leur transformation ont mis en place un comité de pilotage resserré, capable de prendre des décisions rapides et d’arbitrer les points de blocage.

Ce comité s’appuie généralement sur des groupes de travail thématiques : chemins cliniques, ressources humaines, immobilier et équipements, système d’information. Chaque groupe réunit les professionnels concernés et produit des propositions concrètes, soumises ensuite au comité de pilotage pour validation.

La désignation d’un chef de projet dédié constitue un autre facteur de réussite. Cette personne, qu’il s’agisse d’un cadre de santé, d’un médecin coordonnateur ou d’un membre de la direction, assure la coordination opérationnelle, le suivi du planning et l’interface entre les différents acteurs. Sans cette fonction de chef d’orchestre, les projets tendent à s’enliser dans les difficultés de coordination.

Les centres performants organisent des points d’étape réguliers, permettant de suivre l’avancement, d’identifier les écarts par rapport au calendrier prévisionnel et d’ajuster les actions en temps réel. Cette rigueur de pilotage, parfois perçue comme contraignante, s’avère indispensable pour tenir les délais et sécuriser le déploiement.

2. L’implication précoce des équipes terrain

La réussite opérationnelle dépend largement de l’adhésion des équipes pluridisciplinaires : professionnels de rééducation, équipes soignantes et services supports. Les projets qui ont rencontré le plus de difficultés sont ceux où les décisions ont été prises « en chambre », sans consultation des acteurs de terrain, puis imposées de manière descendante.

L’intelligence collective constitue un levier puissant. Les ateliers participatifs, réunissant kinésithérapeutes, ergothérapeutes, infirmiers, aides-soignants et professionnels administratifs, permettent de faire émerger les irritants réels, d’identifier les solutions pragmatiques et de créer une dynamique d’appropriation.

Cette approche collaborative présente plusieurs avantages. Elle révèle des contraintes que la direction ignore parfois : difficultés de brancardage, problèmes de gestion des dossiers patients, manque de communication entre services. Elle permet également de valoriser l’expertise des équipes pluridisciplinaires et de les rendre acteurs du changement plutôt que de les en subir les conséquences.

Les établissements qui ont réussi leur transformation témoignent de l’importance de cette phase de co-construction. Certes, elle demande du temps et suppose d’accepter des allers-retours, mais elle évite les résistances ultérieures et facilite le déploiement. Les équipes s’approprient d’autant mieux les nouvelles organisations qu’elles ont contribué à les concevoir.

3. Une vision claire des objectifs

Développe-t-on l’HDJ pour répondre à l’obligation réglementaire minimale ou pour en faire un axe stratégique de croissance ? Cette clarification initiale conditionne le dimensionnement du projet, les investissements consentis et l’ambition affichée.

Les centres qui ont défini des objectifs chiffrés précis – volumes d’activité cibles, parts de marché visées, rentabilité attendue – pilotent plus efficacement leur projet. Ils savent où ils vont, peuvent mesurer leurs progrès et ajuster leur trajectoire si nécessaire.

Cette vision stratégique se décline opérationnellement. Si l’objectif est de capter 20 % de l’activité HDJ du territoire sur une mention spécifique, cela implique d’identifier les prescripteurs à démarcher, de calibrer les ressources nécessaires et de prévoir les investissements en communication. À l’inverse, une approche minimaliste suppose des moyens limités mais ne permettra pas de saisir les opportunités de croissance.

La définition des objectifs suppose également de prioriser. Tous les parcours ne peuvent être développés simultanément. Faut-il démarrer par les volumes (polyvalent, gériatrie) ou par des niches à forte valeur ajoutée (neurologie, oncologie) ? Chaque choix a des implications en termes de compétences à recruter, d’équipements à acquérir et de partenariats à nouer.

4. Des investissements calibrés

L’hospitalisation à temps partiel suppose des adaptations immobilières : espaces d’accueil dédiés, salles d’activités collectives, zones de repos, locaux de consultation. Ces aménagements représentent un coût, qu’il convient d’anticiper dès le montage du projet. Sous-investir compromet la qualité de la prise en charge et l’attractivité de l’offre ; sur-investir pèse sur l’équilibre économique et allonge les délais de retour sur investissement.

Les équipements techniques méritent la même attention. Diverses structures ont investi dans des dispositifs innovants – réalité virtuelle, plateformes de rééducation connectées, outils de téléréadaptation – qui enrichissent les trajectoires de soins et différencient l’offre. D’autres ont privilégié une approche plus sobre, avec des équipements classiques mais en quantité suffisante pour absorber les flux.

Les systèmes d’information constituent un autre poste d’investissement. La gestion de l’HDJ nécessite des outils de planification performants, capables de gérer les agendas des patients et des professionnels, d’intégrer les contraintes de chacun et de produire des indicateurs de suivi. D’autres centres ont développé des solutions sur-mesure, d’autres ont opté pour des logiciels du marché. Dans tous les cas, le paramétrage, la formation des utilisateurs et l’accompagnement au changement représentent des coûts à intégrer.

Les investissements en ressources humaines ne doivent pas être négligés. Le développement de l’HDJ suppose généralement des recrutements : kinésithérapeutes, ergothérapeutes, enseignants en activité physique adaptée, personnel administratif. Ces embauches doivent être anticipées, les profils définis précisément et les délais de recrutement intégrés au planning. Les tensions RH actuelles sur certains métiers de la rééducation imposent de s’y prendre à l’avance.

5. Un pilotage par les indicateurs

Les établissements qui maîtrisent leur activité HDJ ont mis en place des tableaux de bord permettant un suivi en temps réel. Cette culture du pilotage, encore peu répandue dans certaines structures de réadaptation, devient indispensable pour gérer la performance.

Les indicateurs d’activité constituent le socle de base : nombre de patients accueillis, nombre de séances réalisées, taux de remplissage des places disponibles. Ces données quantitatives permettent de mesurer la montée en charge et d’identifier rapidement les écarts par rapport aux objectifs.

Les indicateurs de qualité complètent cette vision. Le score de réadaptation-rééducation moyen reflète la pertinence des parcours et la qualité du codage. La durée moyenne de prise en charge en ambulatoire donne une indication sur la fluidité. Le taux de réhospitalisation en hospitalisation complète alerte sur d’éventuelles sorties d’HDJ prématurées ou des chemins cliniques mal calibrés.

Les indicateurs économiques permettent de suivre l’équilibre financier. Le coût de production par séjour, comparé au tarif perçu, donne la marge réalisée. Le suivi de la masse salariale, poste prépondérant en réadaptation, permet d’identifier les dérives et d’ajuster les organisations. Le taux d’occupation des équipements techniques aide à dimensionner les investissements futurs.

La satisfaction des patients constitue un baromètre essentiel. Les enquêtes régulières, les entretiens qualitatifs et l’analyse des réclamations fournissent des informations précieuses sur les points d’amélioration. L’hospitalisation à temps partiel génère généralement des niveaux de satisfaction élevés, mais certains irritants peuvent subsister : difficultés de transport, horaires contraignants, manque d’information sur le déroulé de la journée.

Ces indicateurs doivent être suivis régulièrement, partagés avec les équipes et utilisés pour ajuster les organisations. Un tableau de bord mensuel, présenté en comité de pilotage et diffusé aux professionnels, crée une dynamique d’amélioration continue et responsabilise chacun sur les objectifs.

6. Une communication ciblée vers les prescripteurs

L’HDJ ne se remplit pas spontanément. Une stratégie de communication active auprès des services de MCO, des médecins traitants et des spécialistes libéraux conditionne la montée en charge. Les centres qui ont réussi leur développement ont investi dans la relation avec les prescripteurs.

Cette démarche passe par plusieurs actions. La formalisation de fiches de liaison, précisant les critères d’éligibilité à l’HDJ et les modalités d’orientation, facilite le travail des médecins. L’organisation de réunions de filière, associant les services de MCO et l’équipe de réadaptation, permet de présenter l’offre, de répondre aux questions et de renforcer les liens.

Certains établissements ont mis en place des binômes médecin-cadre dédiés à l’animation des filières. Ces référents visitent régulièrement les services adresseurs, assurent une permanence téléphonique pour faciliter les admissions et recueillent les retours sur la qualité de la prise en charge. Cette proximité relationnelle s’avère payante : les volumes de prestation progressent significativement lorsque les prescripteurs se sentent écoutés et accompagnés.

La communication vers les médecins de ville nécessite une approche différente. Les newsletters, les invitations à des portes ouvertes, la participation à des événements locaux de santé constituent autant de leviers pour faire connaître l’offre HDJ. D’autres institutions ont développé des plateformes numériques permettant aux médecins traitants de suivre en temps réel le parcours de leurs patients, renforçant ainsi la coordination ville-hôpital.


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Pour aller plus loin

L’obligation de développer des prestations d’hôpital de jour représente une opportunité stratégique pour les établissements de réadaptation. Analyse territoriale rigoureuse, construction de parcours innovants, pilotage médico-économique précis et organisation maîtrisée des flux constituent les piliers de la réussite.

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